Une quarantaine de chaises, un tableau vert, un enseignant qui tente de faire cours à sa classe particulièrement dissipée et pour lui venir en aide...
« Super
IUFM ! » Masqué, sa cape rouge voletant sur son habit noir, ce héros est celui des futurs instits, les professeurs des écoles. Super IUFM ne peut que sauver les profs,
il incarne leur outil de formation (Institut universitaire de formation des maîtres).
Or celui-ci est menacé de disparition selon les futurs enseignants. D'où cette idée de montrer sur la place de la République, au cours d'un samedi après-midi chargé en animations, ce que
pourrait donner une classe avec un instit à peine formé. Un professeur qui n'aurait mis les pieds dans une vraie classe que dix-huit jours au cours de toute sa formation.
« Aujourd'hui, nous sommes en classe en deuxième année d'IUFM deux fois trois semaines, tout seul et deux semaines avec une formatrice », commente Antoine
Chauvel, membre du comité de mobilisation de l'IUFM du Mans.
« Rien ne vaut la pratique »
Les étudiants se sont relayés devant les élèves (d'autres étudiants de l'IUFM) avec un bouquin à la main, pour essayer de faire cours. Les seules réactions des élèves ont consisté à lancer des
boulettes de papier, à huer ou à siffler, à bavarder... Alors « Super IUFM, viens m'aider », implore un instit. Antoine Chauvel qui se souvient très bien de sa
première journée en classe, insiste : « Je n'ai pas su faire, je me suis senti déstabilisé parce que je ne m'attendais pas à certaines questions des enfants. On a beau nous
l'enseigner en cours, rien ne vaut la pratique ! »
Des sourires ont encouragé les enseignants qui faisaient face à cette classe fictive. Les étudiants auraient voulu que parmi les spectateurs, certains se livrent à un essai de cours. Personne
n'a osé.
Une journée d'action nationale est prévue mardi 15 décembre : à 12 h 30, un rassemblement est organisé devant l'inspection académique. Le député Dominique Le Mèner et Yves
Guillotin, président de l'université du Maine sont invités à un débat contradictoire, à 18 h, à l'IUFM.